Sinistre en copropriété : qui appelle qui, qui paie quoi ?
Il est 22h un dimanche. Votre voisin du dessus découvre un dégât des eaux qui inonde son appartement — et le vôtre par la même occasion. Qui appelle-t-on ? Qui est responsable ? Voici le guide pratique pour ne pas se retrouver paralysé au mauvais moment.
La première heure : ce qu'il faut faire avant tout
Stopper le sinistre si possible. Prévenir le syndic immédiatement si les parties communes sont touchées. Documenter avant de nettoyer — photos et vidéos avant toute intervention. Déclarer à son assurance dans les 5 jours ouvrés (2 jours en cas de vol).
Parties communes ou privatives : la distinction qui change tout
Parties communes — responsabilité du syndicat, assurance de la copropriété : toiture, façades, colonnes montantes, hall d'entrée. Parties privatives — responsabilité de chaque copropriétaire, assurance individuelle : machine à laver, robinetterie défaillante.
Les assurances : ce qui est obligatoire et ce qui ne l'est pas
La seule assurance légalement obligatoire est la responsabilité civile du syndicat (loi ALUR 2014). Elle couvre les dommages causés à des tiers par les parties communes. L'assurance multirisque immeuble (MRI) n'est pas légalement obligatoire en tant que telle — mais elle est fortement recommandée et souvent rendue obligatoire par le règlement de copropriété. Une copropriété sans MRI expose les copropriétaires à des coûts considérables en cas de sinistre important. Chaque copropriétaire doit également souscrire une assurance RC individuelle.
Le dégât des eaux et la convention IRSI
En dessous de 5 000 euros HT de dommages : l'assureur de l'occupant lésé gère, quelle que soit l'origine. Au-dessus : expertise contradictoire pour déterminer responsabilités et répartition entre assureurs.
Qui paie quoi et le rôle du syndic
Sinistre d'origine commune → assurance de la copropriété. Sinistre d'origine privative avec dommages chez le voisin → assurance individuelle du responsable. Le syndic coordonne (prestataire d'urgence, déclaration assurance, information copropriétaires) mais ne peut pas engager seul les travaux de remise en état importants sans autorisation de l'AG, sauf urgence absolue justifiée.